Gestion financière entrepreneur suisse : 7 erreurs à éviter
Feb 13, 2026
Gestion financière entrepreneur suisse : 7 erreurs qui plombent votre rentabilité
Vous êtes entrepreneur en Suisse, vous générez un beau chiffre d'affaires… mais à la fin du mois, il ne reste presque rien ? Vous n'êtes pas seul(e). La gestion financière entrepreneur suisse est un sujet que très peu de formations abordent concrètement — et pourtant, c'est souvent là que tout se joue. En accompagnant des centaines d'indépendants et d'entrepreneurs à travers Coach Ton Business, j'ai identifié des schémas qui reviennent systématiquement. Et le plus surprenant ? Ces erreurs ne touchent pas que les débutants.
Dans cet article, je vous partage les 7 erreurs financières les plus fréquentes que je vois chez mes clients — des entrepreneurs qui font parfois plus de 40'000 CHF de chiffre d'affaires par mois, mais qui n'arrivent pas à se rémunérer correctement. Avec, à chaque fois, le parallèle avec la gestion financière personnelle. Parce que oui, les deux sont intimement liés.
Pourquoi votre gestion perso impacte directement votre business
En trois ans de coaching business et d'éducation financière, j'ai remarqué un phénomène récurrent : les entrepreneurs qui galèrent à se payer galèrent déjà à la maison. Pas de budget personnel ? Pas de tableau de bord dans l'entreprise. Pilotage au feeling à la maison ? Même chose dans le business. Tendance à accepter de travailler gratuitement dans la vie ? Sous-facturation systématique en tant qu'indépendant.
Ce n'est pas une coïncidence. La manière dont vous gérez votre argent dans votre vie personnelle se répercute naturellement dans votre activité professionnelle. C'est un reflet direct de votre rapport à l'argent, de vos croyances et de vos habitudes. Et c'est pour cela que travailler sur sa compétence financière est fondamental, que ce soit côté perso ou côté business.
Les 7 erreurs financières les plus fréquentes chez les entrepreneurs en Suisse
Erreur 1 — Confondre chiffre d'affaires et profit
C'est l'erreur la plus répandue et probablement la plus dangereuse. J'accompagne un entrepreneur qui génère 40'000 CHF par mois de chiffre d'affaires. Impressionnant sur le papier. Sauf qu'après les charges, les salaires, les outils et les frais fixes, il lui reste 2'800 francs. C'est comme si vous terminiez le mois avec 30 ou 40 francs sur votre compte personnel.
Sur les réseaux sociaux, on parle beaucoup de chiffre d'affaires. On entend « j'ai fait un mois à 50'000 » ou « mon business génère 3 millions par an ». Mais on questionne rarement ce qu'il reste réellement à la fin. Derrière un chiffre d'affaires impressionnant, il y a souvent des équipes, de la logistique, des coûts fixes importants. Le seul chiffre qui compte en comptabilité, c'est celui d'en bas : le profit.
Côté perso, c'est la même chose : vous gagnez peut-être 6'000 CHF par mois, mais après le loyer, les assurances, la voiture et les courses, il ne reste parfois que deux cents francs. Le mécanisme est identique.
Erreur 2 — Ajouter des dépenses sans maîtriser les existantes
Un de mes clients voulait investir 100'000 CHF dans un nouveau projet pour automatiser une partie de son business. Sur le papier, l'idée était bonne. Le problème ? Son entreprise ne dégageait que 5% de marge. Et il était déjà endetté à cause d'un manque de liquidités.
C'est un réflexe que je vois constamment : vouloir ajouter quelque chose — un nouveau service, un outil, un recrutement — en pensant que ça va résoudre le problème. Mais si vous ne maîtrisez pas déjà vos dépenses actuelles, vous ne faites qu'aggraver la situation. C'est comme prendre un nouveau leasing automobile alors que vous avez déjà des crédits en cours.
Fondamentalement, votre idée est peut-être bonne. Mais sans la maîtrise de la base, vous allez vous embourber davantage. L'investissement viendra quand les fondations seront solides.
Erreur 3 — Ne pas connaître son vrai coût horaire
J'ai audité de nombreux indépendants qui facturent 60 CHF de l'heure. En apparence, c'est correct. Mais quand on ajoute les heures non facturées (administratif, prospection, déplacements), les charges sociales, les frais de structure… le taux horaire réel tombe parfois en dessous du salaire minimum.
C'est exactement comme un frontalier qui fait 1h30 de trajet par jour sans jamais calculer le coût réel : essence, usure du véhicule, temps perdu. On regarde le chiffre brut, mais jamais le chiffre réel. Pour corriger cela, je recommande de calculer votre Tarif Journalier Moyen (TJM). C'est un outil indispensable pour tout freelance ou indépendant qui facture à l'heure ou à la journée.
Vous pouvez accéder à notre calculateur TJM et d'autres outils gratuits sur notre page ressources.
Erreur 4 — Piloter son entreprise au feeling
Quand les entrepreneurs arrivent chez moi, c'est souvent le même constat : pas de tableau de bord, pas de KPIs, pas de suivi de la croissance. La gestion se résume à « je regarde mon compte en banque et je vois ce qu'il reste ». Les décisions sont prises à l'émotion, pas à la donnée.
Ce n'est pas de votre faute si vous fonctionnez comme ça — on ne vous a probablement jamais appris à faire autrement. Mais dans une entreprise qui a vocation à croître, le pilotage au feeling est un piège. Moi-même, quand j'ai recruté ma première salariée, je me suis posé la question : « est-ce que j'ai vraiment les moyens ? ». Et pourtant, j'avais étudié la finance d'entreprise. Il m'a fallu toute une année pour apprendre à piloter correctement avec les bons outils et les bonnes métriques.
C'est d'ailleurs ce qui différencie notre accompagnement Coach Ton Business : on met un point d'honneur à vous donner les bons outils pour que vous compreniez vos chiffres et que vous puissiez prendre des décisions éclairées.
Erreur 5 — Fixer ses prix comme un exécutant
C'est un sujet qui me tient particulièrement à cœur. Un entrepreneur prend des risques : développer une idée, gérer une équipe, assumer la pression constante, mettre son image en avant. Ce risque doit se rémunérer. Pourtant, je vois encore trop d'entrepreneurs qui se paient la même chose que leurs salariés, ou qui s'alignent sur le tarif horaire du concurrent le moins cher.
Pensez aux professionnels de la banque, aux notaires, aux avocats fiscalistes. Leur tarification reflète la valeur qu'ils apportent — ils vous font gagner ou éviter de perdre de l'argent. En tant qu'entrepreneur, vous apportez aussi une transformation à vos clients. Si demain vous êtes capable d'attirer 1'000 clients à une marque, c'est normal que ça se rémunère, parce que cette marque paierait des milliers de francs en publicité pour obtenir le même résultat.
Arrêtez de vous payer comme un exécutant. Considérez-vous comme quelqu'un qui gère, qui dirige, et qui prend des risques. Sinon, trouvez un emploi salarié — vous aurez moins de stress et probablement un meilleur salaire horaire.
Erreur 6 — Déléguer sans en avoir les moyens financiers
Un de mes clients faisait 30'000 CHF de revenus mensuels avec 23'000 CHF de charges salariales. La marge était écrasée. Il était en déficit depuis qu'il avait recruté. L'intention était bonne — se libérer du temps — mais les fondations financières n'étaient pas là.
La croissance dans une entreprise est une dynamique. Vous recrutez parce que vous êtes en phase de croissance, pas pour créer cette croissance. Si la croissance n'est pas déjà là et que vous n'êtes pas sûr de comment la générer, recruter est le mauvais calcul. Vous allez vous retrouver avec une activité plombée qui vous empêche d'aller de l'avant.
Même si vous n'êtes pas encore à l'étape du recrutement, cette logique s'applique aussi aux freelances : prendre un vidéaste, un community manager ou une assistante sans avoir le budget, c'est le même piège.
Erreur 7 — Confondre investissement et fuite en avant
« Je vais lancer une nouvelle offre, ça va tout changer. » C'est une phrase que j'entends régulièrement. Quand l'activité ne génère pas assez de marge, le réflexe est souvent de créer quelque chose de nouveau plutôt que d'optimiser l'existant. C'est une manière d'éviter les décisions difficiles qui concernent vos dépenses.
Il y a bien sûr des situations où pivoter ou lancer un nouveau produit fait sens — quand le business est en croissance, quand il y a une décroissance à rattraper. Mais quand vous avez déjà une belle activité qui fonctionne et que le problème vient de la gestion financière, ajouter un projet ne fera qu'amplifier le chaos.
Avant de lancer quoi que ce soit de nouveau, posez-vous les bonnes questions : est-ce que ce produit va m'aider ou me desservir ? Est-ce que j'ai le temps de m'en occuper ? Est-ce que j'ai les ressources pour le déployer correctement ?
Comment reprendre le contrôle de vos finances d'entrepreneur
Si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces erreurs, la bonne nouvelle, c'est que ce n'est pas une fatalité. La gestion financière, c'est 20% de compétence technique et 80% de mindset. C'est une manière de voir l'argent qui va vous aider à mieux le gérer, autant dans votre vie perso que dans votre business.
Voici par où commencer :
- Mettez en place un tableau de bord — même simple — pour suivre ce qui rentre et ce qui sort chaque mois.
- Calculez votre TJM pour savoir si votre tarification est réellement rentable.
- Séparez vos finances perso et pro et mettez un budget des deux côtés.
- Réévaluez vos prix en fonction de la valeur que vous apportez, pas du marché le moins cher.
Et si vous sentez que vous avez besoin d'un regard extérieur pour identifier vos failles et poser un vrai plan d'action, c'est exactement ce qu'on fait dans nos accompagnements.
👉 Rejoindre la liste d'attente Objectif Fondation (pour poser les bases de votre activité)
👉 Prendre rendez-vous pour en discuter
👉 Écouter l'épisode complet sur le podcast
👉 Regarder la vidéo sur YouTube
FAQ
Quelle est la différence entre chiffre d'affaires et profit ?
Le chiffre d'affaires, c'est tout l'argent qui rentre dans votre entreprise. Le profit, c'est ce qu'il reste après toutes les charges (salaires, loyer, outils, impôts, cotisations sociales). En Suisse, beaucoup d'entrepreneurs confondent les deux et surestiment leur situation financière réelle.
Comment calculer son tarif journalier moyen (TJM) ?
Le TJM se calcule en prenant en compte : vos charges fixes et variables, le nombre de jours réellement facturables dans l'année (en retirant vacances, maladie, administratif, prospection), et le revenu net que vous souhaitez dégager. Vous pouvez utiliser notre calculateur gratuit pour obtenir votre TJM idéal.
À quel moment faut-il recruter dans son entreprise ?
Le recrutement doit intervenir quand la croissance est déjà là et que votre marge le permet, pas avant. Si vous recrutez pour « créer » de la croissance sans avoir les fondations financières, vous risquez de plomber votre activité. Assurez-vous d'abord d'avoir une marge suffisante et une visibilité sur plusieurs mois de trésorerie.
Comment savoir si je me paie assez en tant qu'entrepreneur en Suisse ?
Comparez votre rémunération avec ce que vous gagneriez en tant que salarié pour un poste équivalent, puis ajoutez une prime de risque. En tant qu'entrepreneur, vous n'avez pas de chômage, pas de filet de sécurité, et vous assumez une charge mentale bien supérieure. Votre rémunération doit refléter cette réalité.