Watches and Wonders : les coulisses d'un stand horloger avec Amélie Ramseyer
Jun 19, 2026
Dans les coulisses d'un stand Watches and Wonders
Chaque printemps, Genève devient la capitale mondiale du temps. Watches and Wonders rassemble une soixantaine de maisons horlogères sur 67'000 m², et près de 60'000 visiteurs viennent y découvrir les nouveautés de l'année. Ce qu'on retient, ce sont les montres. Ce qu'on oublie complètement, c'est le décor qui les met en valeur. Or concevoir un stand Watches and Wonders est un métier à part entière, exigeant et largement invisible, souvent porté par des indépendantes qui ont tout construit seules. C'est l'histoire d'Amélie Ramseyer, architecte d'intérieur, et un bel exemple de cet entrepreneuriat féminin suisse qui avance sans faire de bruit.
Un métier qu'on ne voit jamais
Amélie travaille pour des marques horlogères depuis plus de dix ans. Formée à l'architecture d'intérieur à Genève, elle a commencé par un stage chez TAG Heuer avant de se spécialiser dans un univers très particulier : la mise en scène de la montre. Cette année, elle signe le stand de Corum, l'une des maisons présentes au salon.
Son rôle ne se résume pas à dessiner un joli espace. Il s'agit de traduire l'identité d'une marque en volume, en matière et en lumière, pour qu'un visiteur ressente quelque chose avant même d'avoir vu une seule montre. Pour Corum, Amélie a eu carte blanche sur toute l'identité du stand, depuis les recherches de matières jusqu'à l'architecture finale. Un privilège qui se mérite, puisque la marque lui confie là une part importante de son image pour l'événement le plus regardé de son année.
9 mois de préparation pour quelques jours de salon
Le grand public découvre un stand le temps d'un salon. Amélie, elle, y travaille presque une année entière. Le brief tombe environ neuf mois avant l'ouverture, en juillet. Suit toute la phase créative, la validation des plans et la coordination avec les organisateurs, jusqu'en décembre. Dès janvier viennent les détails, puis la production de mars, et enfin une présence quasi quotidienne sur le stand de fin mars jusqu'à l'ouverture.
La semaine qui précède l'arrivée du client est la plus tendue. Ce qui n'était qu'un projet sur écran devient soudain du concret qu'il faut livrer. Amélie est la première arrivée sur place et la dernière à partir, entourée d'une dizaine de personnes entre l'équipe de la marque, les coordinateurs et ses fournisseurs.
L'obsession du détail, ce qui sépare un bon stand d'un raté
Si tu demandes à Amélie ce qui fait la différence, elle répond toujours la même chose : le détail. La lumière d'abord, car un produit en verre renvoie tous les reflets, et un seul point lumineux mal placé ruine une vitrine. Elle fait poser des diffuseurs sur les lampes, choisit des verres anti-reflets, positionne chaque source pour que l'œil aille droit à la montre. Les matières ensuite, comme ce laiton à fleurs qui rappelle le bâtiment d'origine de Corum, avec une lumière qui lèche le mur depuis le sol pour donner une sensation de chaleur.
Le reste tient à des gestes qu'on n'imagine pas. Une fois les vitrines ouvertes, traquer la poussière et les traces de doigts devient une mission permanente, car rien ne dénature plus vite un produit de luxe. Côté nouveautés, Corum a relancé l'Admiral, une pièce iconique de la collection, ici en version femme : un boîtier de 36 mm et une lunette bicolore qu'Amélie cite spontanément comme sa préférée.
Derrière la créative, une cheffe d'entreprise
Concevoir des stands pour les plus grandes marques est une chose. Faire tourner son activité d'indépendante en est une autre, et c'est souvent là que ça coince. Amélie le raconte sans détour : pendant trois ans, elle a piloté son studio au feeling. L'expertise était là, la structure non. Le déclic est venu le jour où elle a décidé de passer à l'action sans attendre la motivation parfaite et de se faire accompagner.
Sa structuration s'est construite avec CTB, notamment grâce au mapping, cet outil visuel qui lui permet enfin de voir son business plutôt que de le subir. Elle s'en sert aujourd'hui pour ses offres, pour ses clients, et même pour anticiper les postes qu'elle devra recruter en grandissant. Son ambition n'a rien de spectaculaire, elle est solide : une équipe, un studio, et la liberté de choisir ses projets.
Voir l'épisode
On raconte tout ça en détail dans l'épisode, sur YouTube et en podcast. Si tu veux comprendre comment une créative talentueuse devient une cheffe d'entreprise structurée, c'est là que ça se passe.
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Questions fréquentes
C'est quoi Watches and Wonders ?
C'est le plus grand salon de haute horlogerie au monde, organisé chaque année à Genève. Une soixantaine de maisons y présentent leurs nouveautés sur 67'000 m², devant près de 60'000 visiteurs.
Combien de temps faut-il pour concevoir un stand horloger ?
Environ neuf mois. Le brief arrive en été, la phase créative et la validation des plans courent jusqu'en hiver, la production se fait en mars, et l'architecte est présent quasi tous les jours sur le stand dans les dernières semaines avant l'ouverture.
Faut-il être une grande agence pour travailler avec les marques de luxe ?
Non. Amélie Ramseyer travaille en indépendante et collabore avec l'équipe interne de la marque ainsi que ses propres fournisseurs. Ce qui compte, c'est l'expertise et une exigence sans faille, pas la taille de la structure.
Comment Amélie a-t-elle structuré son activité d'indépendante ?
En travaillant sa structuration avec CTB, en particulier via le mapping, un outil visuel qui lui a permis de clarifier ses offres et de visualiser l'organisation de son business pour pouvoir le faire grandir.