Racheter une entreprise en Suisse : le projet que j'ai mis de côté, et pourquoi

business Oct 30, 2026
Racheter une entreprise en Suisse : le projet que j'ai mis de côté, et pourquoi

Racheter une entreprise en Suisse : le projet que j'ai mis de côté, et pourquoi

Racheter une entreprise en Suisse demande en général de financer soi-même 30 à 50% du prix, selon le portail PME de la Confédération, alors même que ce prix augmente avec la rentabilité de la société visée. Plus une entreprise gagne d'argent, plus elle coûte cher, et plus il faut emprunter pour l'acheter, si bien que le rachat d'une PME rentable commence presque toujours par une dette. C'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai mis de côté, pour l'instant, le projet de racheter une deuxième société, alors que j'avais choisi en parallèle de placer une partie des bénéfices de CTB dans un studio dont je détaille le rendement sur fonds propres.

L'idée me trotte pourtant dans la tête depuis plus d'un an, et je ne l'écarte pas définitivement. Je raconte ici ce que j'ai pesé, parce que la question revient souvent chez les entrepreneurs que nous accompagnons, dès que leur société commence à dégager plus de cash qu'elle n'en consomme.

Pourquoi racheter une entreprise quand la sienne marche déjà ?

Le raisonnement de départ est séduisant : une deuxième société rentable produit du cash supplémentaire, ce cash permet d'investir plus vite, notamment dans l'immobilier, et l'ensemble accélère la construction d'un patrimoine. Il a aussi des arguments solides pour lui, puisque d'après l'Office fédéral de la statistique repris par le portail PME de la Confédération, plus de 90% des entreprises rachetées en Suisse existent encore cinq ans après, contre environ la moitié des entreprises créées de zéro. Racheter, c'est donc partir avec des clients, une équipe et un chiffre d'affaires déjà là, ce qui réduit fortement le risque de démarrage.

Reste qu'une entreprise qui marche déjà a ses propres besoins, et que la question ne se limite pas à savoir si l'opération est rentable sur le papier : il faut aussi se demander si l'on a l'énergie, le temps et la trésorerie pour la mener sans fragiliser ce qui fonctionne.

Comment se calcule le prix d'une PME en Suisse ?

En Suisse, on utilise souvent la méthode dite des praticiens, qui pondère la valeur de rendement, c'est-à-dire ce que l'entreprise rapporte, pour deux tiers, et la valeur substantielle, c'est-à-dire ce qu'elle possède, pour un tiers. Les acheteurs et les banques la croisent généralement avec un multiple du résultat d'exploitation, souvent compris entre 4 et 6 fois l'EBITDA pour une PME de services, selon le secteur, la taille et la solidité du dossier.

Concrètement, une entreprise qui dégage 200'000 CHF de résultat d'exploitation par an peut valoir de 800'000 à 1'200'000 CHF, ce qui signifie qu'avec 30 à 50% de fonds propres, il faudrait réunir entre 240'000 et 600'000 CHF avant même de parler de banque. C'est exactement le cercle que j'avais en tête, puisque plus l'entreprise est intéressante, plus elle coûte cher, et plus le prêt à rembourser pèse sur le cash qu'elle était censée produire.

Avant de racheter une société, sais-tu ce que la tienne rapporte vraiment ?

La plupart des dirigeants que je rencontre surestiment leur rentabilité réelle. Notre simulateur de rentabilité gratuit te donne le chiffre en quelques minutes, avec les réalités suisses.

Comment finance-t-on un rachat d'entreprise ?

Le schéma classique combine des fonds propres de l'acheteur, un crédit bancaire et, de plus en plus souvent, un crédit vendeur, par lequel l'ancien propriétaire accepte d'être payé en partie plus tard. La banque regarde surtout la capacité de l'entreprise rachetée à rembourser la dette avec ses propres bénéfices, ce qui oblige à vérifier que ces bénéfices tiendront une fois le fondateur parti.

Dans mon cas, j'aurais dû emprunter pour racheter, de sorte qu'une bonne partie du cash supplémentaire aurait d'abord servi à rembourser ce prêt pendant plusieurs années. Si l'on ajoute le temps nécessaire pour reprendre la main, l'accélération espérée se serait surtout traduite par une période de remboursement, ce que je ne cherchais pas. Si tu envisages ce type d'opération, la question de la structure qui porte la dette se pose immédiatement, et je l'ai abordée dans l'article sur l'utilité et le coût d'une holding en Suisse.

Ce qu'on reprend sans l'avoir choisi

Racheter une entreprise, c'est reprendre des process, un modèle d'affaires et surtout une équipe que l'on n'a pas construits. Le portail PME de la Confédération insiste d'ailleurs sur le risque de départ des personnes clés après la reprise, ainsi que sur celui de voir des clients partir en même temps que l'ancien propriétaire, ce qui peut faire fondre en quelques mois la rentabilité qui justifiait le prix.

C'est probablement le point qui m'a le plus retenue. J'ai mis plusieurs années à construire chez CTB une équipe de 12 personnes et une organisation qui tourne même quand je pars en vacances, alors que dans une société rachetée, je me serais embarquée dans un projet dont je mesurais mal, avant l'achat, ce qu'il allait me demander en énergie et en temps.

Racheter ou faire grandir sa propre société : comment trancher ?

La comparaison la plus honnête consiste à regarder ce que rapporterait chaque franc investi dans l'un et l'autre cas, en intégrant le temps et l'énergie qu'il faudrait y consacrer. Pour CTB, j'ai choisi une croissance organique, par petits paliers, qui préserve la marge, et j'ai constaté que je cherchais parfois l'herbe plus verte ailleurs, alors que ma propre société avait encore de la marge de progression sans que j'en rachète une autre.

Ce raisonnement vaut pour beaucoup d'entrepreneurs qui atteignent un palier et se demandent comment passer au suivant. Avant de multiplier les sociétés, il est souvent plus rentable de structurer celle qu'on a pour franchir le deuxième palier, puisqu'on garde la main sur l'équipe, les process et la marge.

Quand un rachat devient-il pertinent ?

Le rachat redevient intéressant quand trois conditions sont réunies : ta société actuelle tourne sans toi au quotidien, tu disposes de fonds propres que tu peux immobiliser sans toucher à ta trésorerie d'exploitation, et tu as réellement envie de diriger un second projet, avec ce qu'il implique de recrutement, de management et de décisions. Je pense qu'il deviendra l'une de mes prochaines « side quests », le jour où j'aurai envie de passer à autre chose, probablement dans les années qui viennent.

En attendant, si ta société dégage des bénéfices et que tu te demandes s'il vaut mieux les réinvestir, les placer ou racheter, c'est précisément le type de décision que nous travaillons dans Objectif Structuration. Réserve un appel découverte pour en parler.

FAQ

Combien coûte une PME en Suisse ?

Le prix dépend surtout de sa rentabilité. On utilise souvent la méthode des praticiens, qui pondère la valeur de rendement pour deux tiers et la valeur substantielle pour un tiers, croisée avec un multiple du résultat d'exploitation, souvent compris entre 4 et 6 fois l'EBITDA pour une PME de services.

Faut-il des fonds propres pour racheter une entreprise en Suisse ?

Oui. Selon le portail PME de la Confédération, l'acheteur doit généralement financer 30 à 50% du prix avec ses propres fonds, le reste venant d'un crédit bancaire et parfois d'un crédit vendeur.

Une entreprise rachetée a-t-elle plus de chances de survivre qu'une entreprise créée ?

Oui. D'après l'Office fédéral de la statistique, plus de 90% des entreprises rachetées en Suisse existent encore après cinq ans, contre environ 50% des entreprises nouvellement créées.

Faut-il passer par une holding pour racheter une société ?

Ce n'est pas obligatoire, mais c'est fréquent, puisque la holding peut porter la dette d'acquisition et recevoir les dividendes de la société rachetée pour la rembourser. Le montage se valide toujours avec un fiscaliste avant de signer.

Cet article partage une réflexion personnelle et des ordres de grandeur généraux. Il ne constitue ni un conseil en placement, ni un conseil fiscal ou juridique, et toute valorisation réelle demande l'avis d'un professionnel.

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